Al Khayma, tente noire du Sahara

Publié octobre 30, 2012 in Librairie

 

En parcourant ce livre, rassemblant textes, images et dessins convergeant tous vers cette belle demeure sahraouie, nous constatons qu’il y a toute une histoire ancestrale, des traditions et des coutumes transmises de génération en génération sans subir une quelconque altération au cours du temps. C’est tout simplement parce que ces populations nomades tiennent beaucoup à leur mode de vie bien particulier.
Ecrit par deux spécialistes du Sahara qui ont une profonde connaissance des régions du Sud, cet ouvrage apporte, également, plusieurs informations sur le savoir-vivre de la population sahraouie. Les co-auteurs l’ont côtoyée de très près pour nous révéler ses vérités, son quotidien un peu spécial, mais constituant toute une civilisation très ancrée dans les régions du Sud. Ainsi, sont relatés les réunions des femmes dans la Khayma, dans leur coin réservé spécialement pour elles, la cérémonie du thé qui a une saveur bien sahraouie, le jeu du Sig que les femmes pratiquent à l’intérieur, les activités domestiques quotidiennes, la course des dromadaires, les jours de fête et de fantasia, entre autres, mettant en relief le rôle de la femme dans le quotidien de la tente.
Ce rôle qui lui permet de s’occuper des enfants, des tâches ménagères, de la fabrication du beurre et de la crème, du maintien de l’équipement de la tente, du tissage et de la fabrication de cette même tente qui est le cœur battant de la vie au désert. D’ailleurs, comme l’expliquent bien les auteurs du livre, «le terme qui désigne le mariage est dérivé de khayma, tkhayyam, qui veut dire, il s’est marié, mtkhayam, mtkhayma, marié(e).
C’est aussi une expression de statut social. Khayma kbira, une grande tente, signifie tente d’une personne généreuse, brave ou notable». Khayma sghira signifie, bien sûr, famille radine, non hospitalière. Autant de mots et d’expressions très connus dans ce monde nomade, vivant en collectivité et maintenant des liens avec une grande solidarité.
Celle-ci est exprimée en premier lieu par la fabrication collective de la tente avec tout un cérémonial accompagnant cette confection en groupe appelée «twiza».
Cette même tente est en train de disparaître progressivement, au profit de la sédentarisation, de plus en plus croissante, des hommes du désert. Rahal Boubrik et Saâd Tazi ont aussi relevé toute la différence entre les tentes des pays arabes ou asiatiques, ainsi que la composition de chacune, avec une ressemblance très frappante des Khayma de certains pays, tels le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie et la Tunisie.
«La tente est aussi une représentation sociale, culturelle, symbolique. C’est la projection dans l’espace d’un corps social et une représentation du monde. Elle est l’espace où se vit, se pratique et s’imagine l’univers des Bédouins». Malgré sa disparition progressive, la Khayma reste toujours présente dans les moussems, fêtes et festivals sahraouis.

 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article dans son intégralité et aller sur ce site consacré à la culture Sahraouie.

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